par Nailia Bagirova et Lucy Papachristou
Les Etats-Unis et l'Azerbaïdjan ont signé mardi, à l'occasion de la visite du vice-président américain J.D. Vance à Bakou, un accord de partenariat stratégique incluant des coopérations économique et sécuritaire, alors que Washington cherche à renforcer son influence dans une région où la Russie a longtemps été prédominante.
Au lendemain de sa visite en Arménie voisine, ennemie de longue date de l'Azerbaïdjan, où il a signé un accord de coopération avec Erevan dans le nucléaire civil, J.D. Vance a paraphé l'accord avec Bakou à l'occasion d'une rencontre avec le président azerbaïdjanais Ilham Aliyev.
Ce dernier a déclaré que Bakou et Washington entraient dans une "phase complètement nouvelle" de coopération, citant des ventes de défense ainsi que l'intelligence artificielle, et ajoutant que les deux pays continueraient de collaborer dans la sécurité énergétique et la lutte contre le terrorisme.
J.D. Vance a déclaré pour sa part que les Etats-Unis enverraient des navires en Azerbaïdjan afin d'aider le pays à protéger ses eaux territoriales. Il n'a pas précisé le nombre de navires.
Le partenariat scellé mardi avait été présenté en premier lieu en août dernier lors d'une rencontre entre le président américain Donald Trump et Ilham Aliyev à Washington, à l'occasion de laquelle le dirigeant azerbaïdjanais était convenu d'un accord de paix avec le Premier ministre arménien Nikol Pachinian destiné à mettre fin à des décennies de conflit.
La tournée régionale de J.D. Vance, premier vice-président américain à s'être rendu en Arménie, avait également pour objectif de faire avancer le projet baptisé "Trump Route for International Peace and Prosperity" (TRIPP), un corridor de 43 kilomètres qui traverserait le sud de l'Arménie et offrirait à l'Azerbaïdjan un accès direct à son enclave du Nakhitchevan, puis à la Turquie, proche alliée de Bakou.
Cet axe permettrait de mieux relier l'Asie à l'Europe tout en contournant la Russie et l'Iran, un point crucial pour Washington, à un moment où les pays occidentaux cherchent à diversifier leurs routes énergétiques et commerciales afin de réduire leur dépendance à l'égard de la Russie en raison de la guerre en Ukraine.
"Notre espoir est que le (TRIPP) contribue à bâtir une coopération économique, une coopération sur les ressources naturelles et les minerais rares, et permette à cet incroyable accord de paix entre l'Azerbaïdjan et l'Arménie de perdurer vraiment", a dit J.D. Vance lors d'une conférence de presse conjointe avec Ilham Aliyev.
Pour Bakou, l'intérêt est de démontrer qu'il peut être un partenaire fiable de Washington dans la région, a commenté Rauf Mammadov, chercheur en politique énergétique au think tank Jamestown Foundation, basé à Washington.
"En termes de hiérarchie des priorités, que l'Azerbaïdjan se positionne comme (...) une île de stabilité entre la Russie et l'Iran tournée vers l'Occident est important", a-t-il dit.
Moscou a traditionnellement considéré le Caucase du Sud comme faisant partie de sa sphère d'influence mais, accaparé par son offensive en Ukraine, il a vu son poids dans la région s'affaiblir.
Depuis août dernier, Bakou et Erevan ont effectué des démarches destinées à sortir de leur conflit de près de quatre décennies mais n'ont pas entrepris de facto la mise en oeuvre d'un accord de paix.
(Nailia Bagirova à Baku et Lucy Papachristou à Tbilisi; version française Nicolas Delame et Jean Terzian)

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